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Récit d’un procès : Un tradipraticien condamné à 24 mois de prison pour avoir détourné une motocyclette

JIB2 23 juin 2026 0
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Alassane (nom d’emprunt) a comparu, ce 16 juin 2026, devant le Tribunal de Grande Instance de Banfora pour répondre des faits d’abus de confiance portant sur une motocyclette à Niangoloko.

À la barre

Le prévenu a nié les faits qui lui sont reprochés. Il a affirmé que la victime et lui s’étaient connus par l’intermédiaire d’une femme. Selon lui, la victime avait besoin de médicaments pour sa compagne malade. Se présentant comme tradipraticien, Alassane aurait alors entrepris d’aider le jeune homme.

Chose dite, chose faite, le tradipraticien affirme avoir préparé des médicaments traditionnels pour la femme. Il soutient avoir précisé à la victime que les soins n’étaient pas gratuits, mais que celle-ci lui avait répondu qu’elle ne disposait pas d’argent. Il aurait alors accepté de prodiguer les soins, avec l’accord que la victime le rembourserait lorsqu’elle en aurait les moyens. « Un jour, nous nous sommes rencontrés dans une buvette. Je lui ai proposé de lui faire un portefeuille magique en lui précisant que je ne l’avais jamais fait auparavant et que c’était mon père qui s’en occupait. Il m’a dit être intéressé, mais qu’il n’avait pas d’argent. Je lui ai expliqué que je le ferais et que, si cela fonctionnait, nous partagerions les bénéfices. Par ailleurs, il me disait vouloir vendre sa moto au prix de 300 000 F CFA », a déclaré le prévenu.

Se disant dans le besoin, Alassane affirme avoir demandé à la victime de lui vendre la motocyclette. « Il me devait 200 000 F pour les soins. De plus, il m’arrivait de lui prêter de l’argent, ce qui représentait environ 50 000 FF CFA, a-t-il ajouté.

Après discussion, les deux hommes se seraient entendus sur le prix. Le prévenu devait alors verser une somme complémentaire de 50 000 F CFA pour acquérir la moto. Le prevenu a expliqué à la barre qu’il ne disposait pas immédiatement de cette somme, mais qu’il avait demandé à emprunter la motocyclette pour effectuer des courses. Il serait ensuite parti avec l’engin en Côte d’Ivoire, où il affirme résider à Ferkessédougou. De retour à Niangoloko, il dit s’être rendu au domicile de la victime sans la trouver. Il aurait alors poursuivi sa route jusqu’à Soubakaniédougou pour rendre visite à sa mère malade. C’est à cet endroit qu’il a été interpellé en possession de la motocyclette.

Des interrogations du juge

Interrogé par le tribunal sur la durée pendant laquelle la moto est restée en sa possession, il a répondu : « La moto est restée avec moi pendant deux mois parce que je n’arrivais pas à joindre la victime ».

À la question : « Pourquoi n’avez-vous pas effectué les formalités de cession de la moto puisque vous affirmez l’avoir achetée avant votre départ ? », il a répondu : « Comme je n’avais pas encore tout payé, je me suis dit qu’à mon retour, j’allais le faire ».

À la barre, la version de la victime a été tout autre. Celle-ci a confirmé leur rencontre dans le contexte de la maladie de sa compagne.

« Il m’a dit qu’il pouvait la soigner, mais que cela coûterait 30 000 F. Je lui ai clairement expliqué que je ne disposais pas de cette somme. Il m’a alors demandé de lui remettre ce que j’avais et de payer le reste plus tard. Je lui ai donné 10 000 F. Il a préparé le médicament, mais cela n’a pas fonctionné », a soutenu la victime qui a poursuivi : « Un autre jour, nous nous sommes rencontrés. Il m’a parlé d’un portefeuille magique et m’a proposé de m’en confectionner un. Je lui ai répondu que je n’avais pas d’argent. Malgré cela, il a insisté en disant que, si cela marchait, les bénéfices seraient partagés entre nous. Ensuite, il m’a demandé ma motocyclette pour effectuer des courses. Comme il y avait des contrôles de police, je lui ai remis les papiers de l’engin ainsi que la photocopie de ma carte nationale d’identité qui se trouvaient sous la selle. Il devait me ramener la moto le soir même. Lorsque je l’ai appelé, il m’a dit qu’il ne pourrait pas revenir ce jour-là et qu’il serait de retour le lendemain. Le lendemain, j’ai tenté de le joindre, mais son téléphone ne passait plus. Après cinq jours sans nouvelles, j’ai décidé de porter plainte » a relaté la victime.

Réquisitions

Prenant la parole, le procureur a souligné que les déclarations du prévenu avaient constamment varié. Selon lui, la version donnée à la gendarmerie différait de celle présentée devant le parquet, laquelle était également différente de celle exposée à l’audience. Pour le ministère public donc, ces contradictions jettent un doute sérieux sur la crédibilité du prévenu qu’il considère davantage comme un escroc. Le procureur a estimé que l’échec de l’opération liée au prétendu portefeuille magique aurait motivé le départ du prévenu avec la motocyclette. C’est pourquoi il a requis que le tradipraticien soit déclaré coupable et condamné à une peine de 24 mois d’emprisonnement ferme ainsi qu’à une amende de 500 000 F CFA assortie de sursis.

Pour sa part, Alassane a sollicité la clémence du tribunal, affirmant qu’il n’avait jamais eu l’intention de s’approprier de la motocyclette.

La décision

Dans sa décision, le tribunal l’a reconnu coupable des faits d’abus de confiance et l’a condamné à une peine de 24 mois d’emprisonnement ainsi qu’à une amende de 500 000 F CFA, le tout assorti du sursis.

Wangola Médias.

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