Le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso, siégeant en chambre criminelle, a examiné, le lundi 13 juillet 2026, le dossier de Rach (nom d’emprunt), un jeune mécanicien poursuivi pour détention et vente de drogue à haut risque ainsi que pour détention illégale de munitions. Au cours des débats, le ministère public a également révélé que le prévenu s’était évadé de la Maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso (MACB), un fait ayant conduit à des poursuites supplémentaires.
Les faits reconnus par l’accusé
Âgé d’une vingtaine d’années, Rach a indiqué avoir abandonné ses études après deux échecs au BEPC. Installé au quartier Belle Ville à Bobo-Dioulasso, il exerce le métier de mécanicien automobile.
Interrogé par le président du tribunal, l’accusé a reconnu les faits de détention et de vente de cannabis.
À la question de savoir où il écoulait les stupéfiants, il a répondu qu’il les vendait dans son quartier, à Belle Ville. Interrogé sur les raisons de cette activité, il a expliqué qu’il n’avait pas de travail. Le président lui a alors rappelé qu’il exerçait pourtant la mécanique, ce à quoi il a répondu par l’affirmative.
L’accusé a également reconnu consommer du cannabis, précisant qu’il fumait aux environs de l’Institut national des sciences de la santé (INSSA).
Une perquisition permet la découverte de cannabis et d’une munition
Selon les réquisitions du ministère public, les faits remontent au mois d’avril 2026. Après son interpellation, Rach aurait refusé d’indiquer l’endroit où étaient conservés les stupéfiants. Une perquisition effectuée à son domicile a permis aux enquêteurs de découvrir 26 boules de cannabis ainsi qu’une munition.
Interrogé sur la provenance de cette munition, le prévenu a déclaré l’avoir ramassée à Accart-Ville et avoir voulu en faire un collier, affirmant qu’il ignorait qu’il s’agissait d’une munition.
Le procureur du Faso a contesté cette version, estimant qu’une munition « ne se ramasse pas comme des arachides », laissant entendre que le prévenu pourrait appartenir à un réseau de délinquants.
Une évasion révélée à l’audience
Le ministère public a ensuite révélé qu’après son placement sous mandat de dépôt à la MACB, l’accusé avait quitté l’établissement pénitentiaire sans autorisation. Il aurait été repris par la suite puis réincarcéré.
Pour le parquet, ces faits sont constitutifs de l’infraction d’évasion, laquelle vient s’ajouter aux poursuites initiales.
Le procureur a estimé que l’ensemble des éléments constitutifs des infractions reprochées était réuni.
Le parquet requiert 14 ans de prison ferme
Dans ses réquisitions, le ministère public a rappelé les peines prévues par les textes pour chacune des infractions poursuivies. Il a ensuite demandé au tribunal de déclarer l’accusé coupable, de le maintenir en détention et de le condamner à une peine de 14 ans d’emprisonnement ferme ainsi qu’à une amende de 3 000 000 FCFA.
Le parquet a également requis la confiscation des stupéfiants saisis, à savoir 32 boules de cannabis qui correspondaient à ce qui a été saisi chez lui plus la quantité qu’il avait en sa possession le jour de son interpellation.
Invité à prendre la parole une dernière fois, Rach s’est limité à déclarer : « Je demande pardon. »
Verdict attendu le 27 juillet
À l’issue des débats, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le jugement est attendu le 27 juillet 2026.
Amadou OUÉDRAOGO pour Justice Infos Burkina






