Il se déroule parfois, dans les palais de justice du Burkina Faso, des scènes aussi brèves que marquantes, qui méritent d’être portées à la connaissance du public.
Ce jour-là, dans la salle d’audience d’un tribunal correctionnel d’une grande ville, l’attention n’était pas seulement tournée vers la décision du tribunal. À l’issue des débats, un homme poursuivi pour viol commis dans une salle de classe a été reconnu coupable et condamné à 60 mois de prison dont 12 mois ferme.
Alors que le condamné s’apprêtait à regagner le box des détenus pour être reconduit en détention, son épouse, Safi (nom d’emprunt), s’est approchée discrètement des agents de sécurité pénitentiaire. Elle leur a remis la somme de 1 000 F CFA, leur demandant de la transmettre à son mari, désormais condamné.
Un geste simple, presque banal en apparence, mais qui a profondément marqué l’assistance présente dans la salle d’audience, tant par le contexte que par la charge émotionnelle qu’il portait.
Une scène silencieuse, lourde de sens, observée dans les couloirs du palais.
L’information judiciaire, autrement !






