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Ouagadougou : Il se fait passé pour le procureur en utilisant l’intelligence artificielle

JIB2 29 avril 2026 0
A gavel striking a sound block, symbolizing justice and legal authority in a courtroom setting.

Le jeudi 16 avril 2026, Salif a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour usurpation de titre et escroquerie au préjudice de Sibiri.

Courant l’année 2026, Sibiri, déjà victime d’une arnaque, publie son problème sur une page Facebook dénommée « Zabre daaga ». Salif réagit à cette publication et entre en contact avec lui.

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Après une rencontre physique, il se présente tantôt comme militaire, tantôt comme procureur de Koupèla. Il propose alors d’aider la victime à recouvrer de l’argent auprès de débiteurs difficiles.

Mais au fil du temps, Sibiri commence à douter. Il finit par comprendre que Salif n’est pas celui qu’il prétend être et décide de porter plainte. Les faits ont été examinés à la barre ce jeudi 24 avril.

À la barre : entre aveux et silences

Invité à s’expliquer, Salif reconnaît ne pas être lieutenant. « J’ai dit ça pour avoir sa confiance », déclare-t-il.

Interrogé sur ses prétentions de procureur, il répond : « J’ai dit que j’ai envoyé l’argent au procureur. »

Face aux questions du tribunal, notamment sur le choix de Koupèla plutôt que Ouagadougou ou Ziniaré, ou encore sur l’utilisation de plusieurs numéros pour se faire passer pour procureur, le prévenu reste souvent silencieux.

Il reconnaît toutefois avoir recouvré 2 100 000 FCFA auprès de huit personnes. « Je me suis présenté comme lieutenant pour les intimider », admet-il.

Le tribunal l’interpelle également sur un document remis à la victime : « C’est vous qui avez remis le document en tant que procureur ? » « Oui, je l’ai conçu via l’intelligence artificielle », répond-il.

Le président insiste : « Si vous n’aviez pas été interpellé, la victime allait croire que les procureurs escroquent les gens ? »

Des mises en scène pour convaincre

À la barre, la victime explique les éléments qui l’ont convaincue : « Il m’a montré des vidéos avec des tenues militaires. Dans certaines, il apparaissait blessé au front, parfois armé. »

Salif reconnaît par ailleurs avoir utilisé les fonds à des fins personnelles : « Je n’ai rien remis. J’ai utilisé l’argent pour moi. »

High angle of shiny wooden ceremonial mallet with golden detail placed on judge tale near documents folders

Le procureur dénonce des manœuvres frauduleuses

Le procureur recadre fermement le prévenu : « Qu’est-ce qu’il vous a fait, le procureur de Koupèla ? » « Rien », répond Salif. « Alors ne ternissez pas l’image des gens. Vous avez même remis un document à Sibiri au nom du procureur. Comment avez-vous fait sa connaissance ? » « J’ai vu une publication et j’ai échangé avec lui », explique-t-il.

Sibiri admet à la barre avoir déjà été victime d’arnaques : « Je voulais essayer avec lui avant d’aller à la police. »

Il explique également que Salif refusait de décliner son identité, prétextant qu’il était « trop petit » pour la lui demander.

Au titre des réclamations, la victime demande le remboursement de 2 100 000 FCFA.

Réquisitions et défense

Le parquet estime que Salif a usé de manœuvres frauduleuses en se faisant passer pour une autorité publique. Il requiert 60 mois de prison ferme et une amende d’un million de FCFA.

Pour sa part, l’avocat du prévenu plaide la clémence : « Je n’attendais pas moins des réquisitions du procureur. Le nom d’un procureur a été cité dans les faits. J’aurais souhaité que les personnes approchées par Salif confirment s’il s’est réellement présenté comme procureur ou militaire.

Au lieu de se rendre au TGI Ouaga I, la victime a préféré se plaindre sur Facebook. Le fait de dire qu’on est militaire ou procureur relève de simples mensonges que la victime ne devait pas croire. Il subsiste donc un doute.

Son père, enseignant, compte sur lui et prépare sa retraite. Nous demandons votre clémence. Il s’engage à rembourser et ne recommencera plus. En tout état de cause, s’il revient ici, ce ne sera plus moi qui assurerai sa défense. »

Dans son verdict, le tribunal a reconnu Salif coupable des faits d’escroquerie. Il a été condamné à 36 mois de prison, dont 12 mois ferme, ainsi qu’à une amende d’un million de FCFA, dont 500 000 FCFA ferme.

Source: Zoodomail.com

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