Le vendredi 22 août 2025, dans une salle d’audience d’une grande ville du Burkina Faso, un événement inhabituel s’est produit. Des détenus ont éclaté en applaudissements après la réponse à une question du procureur, réponse qui pouvait changer le sort d’un de leurs camarades jugé ce jour-là.
Le prévenu, un jeune homme, comparaissait pour des faits graves : enlèvement avec violences et viol sur une mineure de 14 ans. Mais dès l’instruction, les versions du prévenu et de la victime étaient diamétralement opposées. La fillette soutenait fermement ne pas connaître le jeune homme, alors que celui-ci affirmait lui avoir fait la cour dans leur village. Cette contradiction rendait l’affaire particulièrement difficile à cerner.
Après plusieurs questions insistantes du tribunal, la parole est revenue au parquet. Le procureur a d’abord demandé et obtenu l’autorisation de faire sortir de la salle l’oncle de la victime, seul parent présent à l’audience.
Puis, se tournant vers la fillette, il lui a dit :
- « Nous voulons que tu nous dises la vérité. Il n’y a plus personne de ta famille dans la salle. Si tu mens sur quelqu’un et qu’il part en prison pour plusieurs années, ta conscience ne sera pas tranquille. Alors dis-nous : connais-tu le prévenu ? »
- « Oui », a répondu sans hésiter la jeune fille.
Avant même qu’elle n’ajoute qu’ils s’étaient rencontrés au puits, des applaudissements nourris ont éclaté dans la salle. Les détenus, visiblement soulagés et heureux pour leur collègue, ont exprimé leur joie. Mais ils n’étaient pas les seuls : une partie du public a également applaudi, presque instinctivement.
Face à ce tumulte, le procureur a dû menacer de faire vider la salle afin que l’audience puisse reprendre dans le calme.
justiceinfosburkina.com






