La Police nationale a annoncé, vendredi 9 octobre 2026, le démantèlement d’un groupe criminel présumé impliqué dans plusieurs vols à main armée au Burkina Faso et dans des localités de pays voisins. Au total, 14 suspects ont été interpellés au terme d’une enquête ayant permis la saisie d’armes à feu, de munitions, de véhicules et de nombreux biens.

Selon la Direction régionale de la Police nationale du Djôrô (DRPN-DJR), l’enquête a été conduite par le Service régional de la police judiciaire (SRPJ), à travers sa Brigade de recherches et d’intervention (BRI). Face à la presse, le directeur régional de la Police nationale, Pakindsama Ouédraogo, a présenté les résultats de cette opération.
L’affaire a connu un tournant au début du mois de septembre 2026, lorsque le SRPJ a reçu des informations faisant état d’un projet d’attaque contre un commerçant à Gaoua, dans le but de lui dérober une importante somme d’argent.

Une enquête a alors été ouverte pour identifier et interpeller les personnes impliquées. Les arrestations se sont déroulées du 10 septembre au 6 octobre 2026. Après l’interpellation de deux premiers suspects, les investigations ont permis d’arrêter douze autres personnes à Gaoua, Kampti, Bogandé, Lokosso et Ouagadougou.
Au total, 14 personnes ont été interpellées. La Police nationale indique que l’opération a bénéficié de la collaboration de la Division des investigations criminelles (DIC) de la Direction de la police judiciaire, du Commissariat central de police de Bogandé et du soutien logistique de la Direction du matériel et du budget.

Des armes à feu, des véhicules et divers biens saisis
Les perquisitions ont permis de saisir plusieurs armes à feu, notamment deux fusils à pompe, un fusil de chasse, trois pistolets automatiques de calibre 7,65 mm et un pistolet automatique de calibre 9 mm.
Les enquêteurs ont également mis la main sur des chargeurs, des cartouches de différents calibres, dont les calibres 12, 9 mm et 7,65 mm, ainsi que des munitions pour fusil d’assaut Kalachnikov. Des machettes, des sabres et des couteaux figurent aussi parmi les objets saisis.
Le matériel récupéré comprend également un véhicule Mazda CX-5, huit cyclomoteurs, quatre téléviseurs à écran plat, deux réfrigérateurs, un climatiseur, des appareils de sonorisation, du matériel électrique et des tenues militaires.

À Ouagadougou, une alimentation et une boutique de pièces détachées, soupçonnées d’être liées aux activités du groupe, ont également été identifiées et saisies, selon les informations communiquées par la Police nationale.
Des commerces et des stations-service parmi les cibles
D’après les enquêteurs, le groupe présumé ciblait principalement les commerces, les stations-service, les agences de transfert d’argent, notamment celles utilisant le service Orange Money, ainsi que les fonderies d’or.
Son mode opératoire consistait à repérer des victimes transportant d’importantes sommes d’argent liquide, puis à se réunir dans un lieu isolé pour répartir les rôles. Les membres du groupe se déployaient ensuite par binômes à bord de deux-roues, le visage dissimulé sous des casquettes, des cache-nez ou des capuches.

Selon la Police nationale, certains membres, armés de fusils, assuraient la couverture et intimidaient les victimes par des tirs de sommation. Leurs complices procédaient au dépouillement sous la menace d’armes blanches. Les téléphones volés étaient ensuite abandonnés afin de limiter les risques de traçage, tandis que le butin était partagé entre les participants.
Les investigations font état d’activités présumées dans plusieurs localités du Burkina Faso, notamment Niangoloko, Ouagadougou, Pouytenga, Houndé, Pâ, Dano, Diébougou, Bouroum-Bouroum, Legmoin, Kampti, Djigoué, Gaoua, Bousséra, Galgouli et Bantara. Des faits sont également signalés à Doropo et à Bouaké, hors du territoire burkinabè.

Des faits présumés ayant fait des victimes
Au-delà des préjudices matériels, la Police nationale attribue à ce groupe plusieurs faits ayant entraîné des pertes en vies humaines. Il s’agit notamment du meurtre d’un commerçant poignardé en octobre 2025 à Diébougou et de la mort d’un individu tué par balle en juillet 2026 à Donséra.
Selon les mêmes sources, plusieurs personnes interpellées auraient déjà été condamnées pour des faits de grand banditisme, de recel ou de détention illégale d’armes à feu.

Les 14 suspects doivent être présentés au procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Gaoua. Les investigations se poursuivent afin d’identifier d’éventuels complices.
Dans son communiqué, la Police nationale invite les populations à la vigilance. Elle recommande notamment d’éviter de conserver d’importantes sommes d’argent liquide dans les commerces, de redoubler de prudence lors des déplacements liés à des opérations financières et de signaler tout comportement suspect aux services compétents.
Source : Bafuji Infos
Justice Infos Burkina (JIB)
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