Thomas, mécanicien de profession, âgé de 20 ans, a comparu le lundi 19 octobre 2026 devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance Ouaga I. Il est prévenu d’avoir volé deux climatiseurs dans une entreprise située à la cité An III de Ouagadougou.
À la barre, le prévenu a d’abord contesté les faits avant de reconnaître les déclarations de la victime.
Des climatiseurs achetés à 20 000 F CFA
Interrogé par le tribunal sur les faits qui lui sont reprochés, Thomas nie, dans un premier temps, être l’auteur du vol.
« Non, je ne reconnais pas les faits », déclare-t-il.
Invité à s’expliquer, il affirme que trois de ses amis sont venus lui proposer les deux climatiseurs. Selon ses déclarations, ces appareils lui auraient été présentés comme provenant de leur domicile.
Le prévenu reconnaît les avoir achetés pour la somme de 20 000 F CFA, dans le but d’en récupérer le bronze, le cuivre et d’autres matériaux destinés à la revente. Il admet également avoir revendu les pièces récupérées à un individu qu’il désigne comme « le patron de Rasta », sans fournir davantage de précisions sur son identité.
La victime évoque une opération menée en plein jour
À la barre, la victime explique que les auteurs présumés ont pénétré dans l’entreprise en escaladant le mur de clôture. Pendant que certains surveillaient les alentours, un autre se trouvait à l’intérieur pour démonter un climatiseur fixé au mur.
Les faits se seraient déroulés en pleine journée, aux environs de 16 heures.
Selon la victime, ce n’était pas la première fois que des individus s’introduisaient dans l’entreprise pour emporter des climatiseurs. Deux appareils auraient déjà été dérobés lors d’un précédent passage.
Alertés par des bruits, les occupants de l’entreprise seraient sortis pour intervenir. Les autres individus auraient réussi à prendre la fuite, tandis que Thomas aurait été appréhendé sur place.
La victime affirme avoir reconnu le prévenu parmi les personnes impliquées dans les faits.
Le tribunal relève les contradictions du prévenu
Au cours des débats, le tribunal confronte Thomas aux déclarations de la victime. Le prévenu confirme avoir entendu ces explications et reconnaît qu’elles correspondent à la réalité.
Cette reconnaissance suscite des interrogations de la part de la juridiction, notamment parce qu’il avait initialement contesté les faits à l’audience, alors qu’il les avait reconnus au cours de l’enquête préliminaire.
Invité à expliquer ce revirement, Thomas ne fournit aucune réponse.
Le ministère public estime que le prévenu avait conscience de la nature de son acte. Il relève également que la victime a évoqué un précédent vol de climatiseurs et que Thomas a reconnu avoir revendu les matériaux récupérés à une personne dont l’identité n’a pas été établie.
Au regard de ces éléments, le parquet demande au tribunal de déclarer Thomas coupable des faits de vol. Il requiert une peine de 12 mois d’emprisonnement, dont 3 mois ferme, ainsi qu’une amende de 500 000 F CFA, dont 200 000 F CFA ferme.
Six mois de prison ferme et 950 000 F CFA de dommages et intérêts
Après en avoir délibéré, le tribunal déclare Thomas coupable des faits de vol qui lui sont reprochés.
En répression, il le condamne à 12 mois d’emprisonnement, dont 6 mois ferme, ainsi qu’à une amende de 500 000 F CFA assortie du sursis.
Sur le plan civil, le prévenu est également condamné à verser 950 000 F CFA à la victime, qui réclamait cette somme à titre de dommages et intérêts. Enfin, le tribunal fixe la durée de la contrainte judiciaire à trois mois.
O. N. pour Justice Infos Burkina






