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TGI de Bobo : Elle porte plainte contre son amant pour escroquerie

JIB2 24 mai 2026 0
tgi bobo

Dame Sara (nom d’emprunt) s’est rendue dans un commissariat de police de Bobo-Dioulasso en 2025 pour porter plainte contre son amant, Alain (nom d’emprunt), pour des faits présumés d’escroquerie.


Alain est employé de commerce et domicilié à Bobo-Dioulasso.
Elle précisait aux policiers qu’Alain l’aurait escroquée à hauteur de 9 500 000 F CFA. Le parquet, saisi de l’affaire, a décidé de placer le nommé Alain sous mandat de dépôt pour escroquerie.


Les faits


Selon le dossier, Alain aurait trompé Sara pour lui soutirer des sommes d’argent qui s’élèvent à 11 800 000 F CFA. Sara gère une boutique de vente de vêtements et de chaussures pour femmes appartenant à la famille. Comme tout commerçant, cette dernière souhaitait faire prospérer ses affaires à travers un circuit d’approvisionnement.


Sara connaissait bien Alain, un commerçant qui faisait des affaires hors des frontières. Alain se rendait souvent en Chine pour ses activités. Elle l’a approché pour lui exprimer ses besoins. Alain n’a pas hésité et lui a promis de la faire partir en Chine afin de développer son commerce.


Dans ce contexte, Alain a réussi à convaincre Sara de lui remettre la somme de 11 800 000 F CFA. Après avoir reçu l’argent, il aurait proposé à la victime d’entamer les démarches pour l’établissement de son visa en vue des préparatifs du voyage en Chine. Concernant l’argent, il a fait savoir qu’il s’agissait d’une dette qu’il rembourserait dans un délai de quatre mois.


Les jours se sont succédé jusqu’à ce que la dame apprenne que son voyage pour la Chine n’aurait plus lieu. Le délai est arrivé à expiration et Sara n’avait toujours pas récupéré la totalité de son argent. Finalement, elle recevra une partie de la somme, soit 2 300 000 F CFA. Elle n’a pas pu rentrer en possession du reste, évalué à 9 500 000 F CFA. Elle ira alors porter plainte.


La victime


Le dossier a été jugé le 30 décembre 2025 devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso.
Sara a donné sa version des faits :


« Je sortais avec Alain. Entre-temps, la famille a décidé d’ouvrir une boutique de vêtements et de chaussures pour femmes que je gérais. Il venait me chercher à la boutique et me déposait, vu que je ne disposais pas d’un moyen de déplacement. Il exerçait le commerce et se rendait souvent en Chine. Je l’ai approché pour faire évoluer mon commerce. Il m’a promis qu’on irait ensemble en Chine, qu’il avait des projets là-bas. Il m’a dit de préparer mon visa. On est restés dans ça et il m’a demandé de l’argent. Je lui ai envoyé des sommes par tranches jusqu’à atteindre 11 800 000 F CFA. Ce que je voulais, je ne l’ai pas obtenu. J’ai décidé de le convoquer ».


Sara ajoute qu’elle a été chassée du domicile familial à cause de cette affaire et qu’elle a trouvé refuge chez une camarade.


Le prévenu


Alain reconnaît partiellement les faits :


« J’ai pris un prêt avec Sara, certes, mais dire que je l’ai flattée en lui promettant qu’elle irait en Chine, c’est archi faux ».
Le tribunal lui demande :
— Y a-t-il eu des papiers entre vous pour la remise de l’argent ?
Réponse : « Non. »
— Est-ce qu’elle vous a demandé de l’aide ?
« Oui, pour le visa. Je l’ai mise en contact avec un connaissant », fait-il savoir.
— À quel titre avez-vous pris l’argent ?
« J’ai pris l’argent avec elle à plusieurs reprises, mais à titre de dette », dit le prévenu.
Sara s’est constituée partie civile et réclame le reste de ses 9 500 000 F CFA.


Le ministère public est convaincu qu’il y a escroquerie dans le dossier. Il requiert la condamnation d’Alain à 12 mois de prison avec sursis et une amende ferme de 500 000 F CFA.


Pour les deux avocats du prévenu, il n’y a pas d’escroquerie à partir du moment où leur client reconnaît qu’il s’agit d’une dette.
« Notre client n’est pas un escroc », ont-ils affirmé.


Le tribunal a renvoyé le prévenu des fins de poursuites pour infraction non constituée. Il a également déclaré irrecevable la réclamation de la victime.


« Vous pouvez entamer une autre procédure pour rentrer en possession de votre argent. Mais le prévenu est ici poursuivi pour escroquerie et nous avons estimé qu’il n’est pas coupable. Nous ne pouvons pas non plus le condamner à payer l’argent », explique le juge à la victime.


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