Le lundi 12 octobre 2026, Ali, un jeune commerçant, a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance Ouaga I pour des faits de diffamation au préjudice de Tati.
À l’origine de cette affaire, un différend survenu en septembre 2026 lors de directs sur le réseau social TikTok, au cours desquels les deux protagonistes se sont livrés à des échanges injurieux portant notamment sur le s’x’s.
« Dites-nous ce qui s’est passé ? », lui demande le tribunal.
« C’est elle qui est sortie premièrement pour critiquer mon ami en disant que le s’x’ de mon ami ressemble à un Bic. Un autre jour, elle a encore fait un direct pour dire que les autorités ne pouvaient pas l’empêcher de faire ses directs », répond Ali.
Le ministère public cherche alors à comprendre les motivations du prévenu.
« Mais pourquoi est-ce vous qui défendez votre ami et sa femme ? », lui demande le procureur.
Ali reconnaît qu’il n’était pas directement concerné par le différend.
« Je reconnais que mon ami et sa femme peuvent aussi se défendre. Mais comme c’était sur les réseaux sociaux, je faisais mon malin », admet-il.
Tati conteste la version du prévenu
Invitée à donner sa version des faits, Tati réfute les explications de Ali. Selon elle, l’homme qu’il présente comme son ami n’aurait pas été à l’origine de cette affaire. Elle affirme plutôt avoir été insultée par ce dernier, qui aurait tenu des propos injurieux à l’endroit de sa mère.
En réaction, elle reconnaît avoir elle-même proféré des insultes, notamment en faisant allusion à la taille du sexe de Ali, qu’elle affirme être aussi courte que sa taille.
Selon ses déclarations, c’est à la suite de cet échange que Ali se serait mis à l’insulter sur les réseaux sociaux.
Interrogé par le tribunal sur ses relations avec Tati, Ali affirme ne pas connaître la plaignante.
Le tribunal revient alors sur l’origine du différend et demande à Tati si elle est à l’origine des premiers échanges.
« Oui, je reconnais que c’est moi », répond-elle.
750 000 FCFA de dommages réclamés
Au titre de ses intérêts civils, Tati réclame la somme de 600 000 FCFA en réparation du préjudice moral qu’elle estime avoir subi. Elle sollicite également 150 000 FCFA pour un partenariat qu’elle affirme avoir perdu dans le cadre d’un projet avec un ministère.
Au total, la plaignante réclame ainsi 750 000 FCFA de dommages et intérêts.
Trois mois de prison avec sursis requis contre Ali
Dans ses réquisitions, le ministère public estime que les faits de diffamation reprochés à Ali sont caractérisés. Le parquet relève notamment que le prévenu n’était pas directement concerné par le différend initial et qu’il affirme ne pas connaître Tati.
En conséquence, le procureur requiert contre Ali une peine de trois mois d’emprisonnement et une amende de 250 000 FCFA, le tout assorti du sursis.
Dans son délibéré, la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance Ouaga I a déclaré Ali coupable des faits de diffamation qui lui étaient reprochés. Il a été condamné à trois mois d’emprisonnement et à une amende de 250 000 FCFA, le tout assorti du sursis.
S’agissant des intérêts civils, le tribunal a reçu la constitution de partie civile de Tati, mais l’a déclarée mal fondée. En conséquence, il l’a déboutée de l’ensemble de ses demandes.
Source : Zoodomail.com
Justice Infos Burkina
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