La chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Bobo-Dioulasso a condamné, le vendredi 2 octobre 2026, Issa (nom d’emprunt), un gérant d’agence de mobile money poursuivi pour abus de confiance et détournement de fonds.
Employé dans une agence de mobile money, le prévenu avait été chargé d’assurer provisoirement la gestion d’une nouvelle agence située à Bama. À la barre, il a reconnu avoir utilisé une partie des fonds qui lui avaient été confiés, tout en attribuant la disparition du reste à deux cambriolages survenus à son domicile.
Interrogé sur les 7 500 000 FCFA qui lui étaient reprochés, il a affirmé avoir utilisé personnellement 4 500 000 FCFA. Selon ses explications, le reste aurait été emporté lors de deux cambriolages à son domicile.
Une déclaration de vol qui n’a jamais été faite
Questionné par le procureur sur une éventuelle déclaration de vol auprès des services compétents, le prévenu a reconnu n’avoir entrepris aucune démarche. Il n’a pas non plus fourni d’explication lorsque le magistrat l’a interrogé sur cette omission.
Appelée à la barre pour éclairer le tribunal sur les circonstances des faits, une représentante de la société, identifiée par les initiales M. K., a expliqué que le prévenu avait initialement reçu 1 500 000 FCFA pour démarrer ses activités. Estimant cette somme insuffisante, il avait obtenu un complément d’un million de FCFA, portant le montant total à 2 500 000 FCFA.
Selon la représentante, le gérant aurait ensuite déclaré avoir égaré cette somme. Invité à la rembourser, il avait proposé que son salaire mensuel soit intégralement retenu, affirmant disposer d’une autre source de revenus.
La représentante a également rapporté qu’un client avait effectué un retrait de 5 000 000 FCFA que le prévenu ne lui aurait pas remis. Ce dernier aurait invoqué un manque de liquidités et l’impossibilité de se rendre à la banque.
Les vérifications effectuées par la société auraient ensuite révélé que des fonds étaient utilisés pour des paris sportifs sur une plateforme. Selon la représentante, l’examen du téléphone du prévenu aurait permis de constater des transferts de fonds liés à ces activités.
Douze mois de prison, dont deux ferme
Dans ses réquisitions, le parquet a estimé que les faits étaient constitutifs d’abus de confiance et de détournement de fonds. Il a requis 18 mois d’emprisonnement ferme ainsi qu’une amende de 500 000 FCFA ferme.
Après une suspension de quelques minutes, le tribunal a rendu sa décision. Le prévenu a été condamné à 12 mois d’emprisonnement, dont deux mois ferme, ainsi qu’à une amende de 500 000 FCFA, dont 50 000 FCFA ferme.
Il a également été condamné à verser 7 500 000 FCFA à la société victime au titre des dommages et intérêts.
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