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TGI de Bobo : Il tente de le tuer avec un fusil pour avoir reclamé une dette de 1 000 F la nuit

JIB2 23 mai 2026 0
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Dramane (nom d’emprunt) est un jeune cultivateur domicilié à Péni. Le 26 novembre dernier, il a comparu devant la chambre criminelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Bobo-Dioulasso pour répondre des faits de tentative de meurtre et de détention illégale d’arme à feu.

Concrètement, le procureur du Faso lui reproche d’avoir, dans la nuit du 11 au 12 avril 2025, tenté de donner la mort à Jules (nom d’emprunt), un autre jeune du même village, en tirant un coup de feu sur lui avec un fusil de chasse. Il lui est également reproché d’avoir, dans les mêmes circonstances de temps et de lieu, détenu une arme à feu sans autorisation.

Les faits

Dramane est producteur d’anacarde. Quelques jours avant les faits, il est allé vendre huit boîtes de noix de cajou à Jules, un acheteur bien connu dans le village. Pour ces huit boîtes, au prix de 500 FCFA l’unité, Jules lui a remis la somme de 5 000 FCFA.

Pour des raisons de monnaie, Dramane, qui devait conserver 4 000 FCFA et restituer 1 000 FCFA, n’a pas pu s’exécuter. Il est donc rentré chez lui avec tout l’argent. À la barre, il explique qu’il comptait soit revenir remettre les 1 000 FCFA, soit revenir avec deux autres boîtes de noix de cajou pour compléter la transaction.

« Je n’ai pu ramener ni l’argent ni les noix », reconnaît-il.

De son côté, les jours passent sans que Jules n’ait de nouvelles de Dramane. Il décide alors de se rendre chez lui pour réclamer soit son argent, soit ses deux boîtes de noix de cajou. Il était environ 20 heures lorsqu’il arrive au domicile de Dramane.

Après des échanges tendus, Dramane refuse de le rembourser et une bagarre éclate dans la cour. Dramane sort alors son fusil de chasse et tire sur Jules, qui réussit à prendre la poudre d’escampette.

À la barre

Dramane nie avoir eu l’intention de donner la mort à Jules.

— Pourquoi avoir tiré sur lui ? demandent les juges.

— Je n’ai pas voulu le tuer. J’ai tiré en l’air pour l’effrayer, car il refusait de partir de chez moi. C’était un tir de sommation.

Cependant, un enregistrement audio réalisé par un témoin contredit cette version. Dans l’audio, retranscrit par le juge d’instruction et versé au dossier, on entend d’abord un coup de feu, puis Dramane déclarer :

« Il a eu de la chance. J’allais lui éclater la tête. »

À la barre, l’accusé affirme que ces propos ont été tenus sous le coup de la colère.

— Pourquoi ne pas lui avoir remboursé son argent ?

— Je lui ai dit de revenir le lendemain, car dans nos coutumes, on ne paie pas un crédit la nuit.

— Pourquoi ne pas lui avoir donné les deux boîtes de noix de cajou qu’il réclamait ?

— Je ne pouvais pas le faire sans l’autorisation de mon grand frère. C’est lui qui contrôle la sortie des noix.

S’agissant de l’infraction de détention illégale d’arme à feu, Dramane reconnaît les faits mais affirme qu’il ignorait que la carte de membre de dozo ne constituait pas un permis de port ou de détention d’arme.

« Comme il y a la photo d’une arme sur la carte, je croyais que c’était une autorisation de détention. Avec cette carte, on circulait partout avec nos armes », explique-t-il.

Réquisitions et décision

Selon le procureur du Faso, les deux infractions sont constituées à l’encontre de l’accusé. Pour lui, Dramane n’a pas effectué un simple tir de sommation, mais a bel et bien tenté d’abattre Jules pour une somme de 1 000 FCFA. Le ministère public soutient que lorsque Dramane est sorti avec son fusil, la victime s’est d’abord cachée derrière l’épouse de l’accusé. S’il n’a pas tiré à ce moment-là, c’est parce qu’il ne voulait pas atteindre sa propre femme. Il a attendu que la victime commence à fuir pour tirer sur elle.

« Il y a eu un début d’exécution et un désistement involontaire », a estimé le procureur.

En conséquence, le ministère public a demandé au tribunal de retenir Dramane dans les liens de la prévention, de le déclarer coupable et de le condamner à 20 ans de prison ferme, avec confiscation du fusil de chasse.

Dans son dernier mot, l’accusé a reconnu son tort et a sollicité la clémence du tribunal.

Dans sa décision rendue le 27 novembre 2025, le tribunal, après l’avoir reconnu coupable des faits, a condamné Dramane à cinq ans de prison, dont deux ans ferme. Il a également ordonné la confiscation de l’arme.

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