Le Tribunal de grande instance Ouaga I a condamné, le lundi 22 juin 2026, Boureima et Salif (noms d’emprunt) à six mois d’emprisonnement avec sursis et à une amende ferme de 250 000 FCFA chacun pour des faits d’injures publiques commis via le réseau social TikTok au préjudice d’un imam.
L’affaire trouve son origine dans une polémique née en 2025 sur les réseaux sociaux. À cette époque, plusieurs jeunes avaient été interpellés après la diffusion d’une vidéo dans laquelle ils tenaient des propos controversés à caractère religieux. En réaction à cette situation, un imam de la place avait consacré une partie de ses prêches à appeler les fidèles à la retenue et au respect des autres confessions religieuses afin de préserver la cohésion sociale.
Selon la plainte déposée par le guide religieux, Boureima et Salif avaient ensuite publié des vidéos sur TikTok contenant des propos injurieux à son encontre. S’estimant publiquement offensé, l’imam avait saisi la justice.
À l’audience du 1er juin 2026, seul Boureima était présent à la barre. Son coaccusé, Salif, était absent.
Interrogé par le tribunal, Boureima a reconnu être l’auteur de certaines vidéos publiées sur TikTok, tout en contestant avoir volontairement visé l’imam.
« J’ai effectivement tenu des propos sur TikTok. Je m’adressais principalement à d’autres personnes et non à l’imam », a-t-il expliqué.
Le prévenu a soutenu que certaines séquences de ses vidéos avaient été sorties de leur contexte et que les propos considérés comme injurieux visaient d’autres interlocuteurs engagés dans des débats religieux sur les réseaux sociaux.
Face aux questions du tribunal et du procureur, Boureima a toutefois admis avoir évoqué l’imam dans ses publications. Il a également indiqué lui avoir présenté ses excuses.
Pour sa part, l’avocat de la partie civile a relevé que les propos litigieux avaient été tenus publiquement et avaient porté atteinte à l’honneur et à la réputation de son client. L’imam n’a réclamé qu’un franc CFA symbolique en réparation de son préjudice moral, tout en sollicitant la condamnation des prévenus aux frais engagés dans la procédure.
Dans ses réquisitions, le ministère public a estimé que les éléments constitutifs de l’infraction d’injure publique étaient réunis. Selon le parquet, les deux prévenus avaient notamment remis en cause la qualité de musulman de l’imam et proféré à son encontre des propos offensants diffusés sur TikTok.
Le procureur avait requis contre chacun d’eux une peine de six mois d’emprisonnement ferme et une amende de 1 000 000 FCFA.
Après avoir examiné le dossier, la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance Ouaga I a finalement déclaré Boureima et Salif coupables des faits d’injures publiques ce 22 juin 2026.
Les juges les ont condamnés chacun à six mois d’emprisonnement assortis du sursis ainsi qu’à une amende ferme de 250 000 FCFA.
Sur les intérêts civils, le tribunal a déclaré recevable et bien fondée la constitution de partie civile de l’imam. Les deux condamnés devront lui verser solidairement un franc CFA symbolique à titre de dommages et intérêts.
Ils ont également été condamnés à payer solidairement 500 000 FCFA au titre des frais exposés. La contrainte judiciaire a été fixée à trois mois.
Source : Zoodomail.com
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