Karim (nom d’emprunt), ferrailleur âgé de 30 ans, a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso, le 10 février 2026, pour des faits de vol aggravé.
Récidiviste, il avait déjà été condamné en 2018 pour des faits de vol. Pour le ministère public, Karim est donc un habitué de ce type d’infraction.
Les faits
Les faits remontent au 23 janvier 2026. Karim, connu comme ferrailleur et travaillant occasionnellement comme aide-maçon, revenait d’un chantier lorsqu’il a remarqué qu’aucune présence humaine n’était visible aux abords d’une habitation.
Selon ses déclarations, il s’est d’abord fait passer pour une personne souhaitant se soulager. Il a ensuite tenté d’ouvrir la porte de la cour, sans succès, avant d’escalader le mur de la concession dans l’intention de s’emparer d’objets de valeur.
Une fois à l’intérieur, il a été surpris par le propriétaire des lieux. Pour tenter de détourner les soupçons, Karim a affirmé qu’il avait été envoyé par un ami du propriétaire pour réparer sa porte.
Au moment des faits, il détenait un marteau, un tournevis et un couteau.
Trouvant ces explications peu crédibles et n’ayant signalé aucun problème de porte, le propriétaire a immédiatement alerté la police, qui a procédé à l’interpellation du mis en cause. Karim a ensuite été placé en détention à la Maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso.
Devant le tribunal
À la barre, Karim a reconnu les faits tels qu’ils ont été relatés. Il a précisé que les événements se sont déroulés en pleine journée, aux environs de 11 heures.
Pour sa défense, il a exprimé ses regrets, affirmant que le désespoir l’avait poussé à agir.
Le président du tribunal lui a demandé :
— Pourquoi avez-vous décidé d’escalader le mur alors que vous saviez que ce n’était pas chez vous ?
Karim a répondu :
« Je croyais que c’était une maison abandonnée et que le propriétaire était absent. Mon intention était d’emporter des objets de valeur ».
À la question de savoir ce qu’il comptait faire une fois à l’intérieur, il a déclaré :
« Je voulais prendre quelques objets de valeur pour les vendre et gagner un peu d’argent, car mon travail me rapporte peu ».
Le tribunal lui a également demandé si les objets qu’il détenait ne faisaient pas de lui un voleur.
« Oui, mais dès qu’il m’a surpris, je lui ai dit que j’étais venu réparer sa porte pour qu’il me laisse repartir », a-t-il reconnu.
Interrogé sur ce qu’il espérait trouver dans la maison, Karim a répondu :
« Je traversais des difficultés et j’avais besoin d’argent. Tout ce que je pouvais revendre, y compris de l’argent liquide, j’allais l’emporter ».
Les réquisitions du parquet
Le ministère public a demandé au tribunal de requalifier les faits de vol aggravé en tentative de vol aggravé.
Selon le procureur, tous les éléments constitutifs de l’infraction étaient réunis, notamment :
– le commencement d’exécution, matérialisé par l’escalade du mur ;
– l’intention frauduleuse de soustraire des biens appartenant à autrui ;
– l’interruption involontaire de l’action, due à l’intervention du propriétaire.
Le parquet a requis une peine de 10 ans d’emprisonnement et une amende de 3 millions de FCFA, le tout ferme. Il a également demandé la révocation du sursis dont bénéficiait le prévenu à la suite de sa précédente condamnation.
La décision du tribunal
Dans sa décision , le Tribunal a requalifié les faits de vol aggravé en tentative de vol aggravé et a déclaré Karim coupable.
Le tribunal l’a condamné à :
– 10 ans d’emprisonnement ferme ;
– 3 millions de FCFA d’amende ferme.






