Accusé d’assassinat en 2023 dans la commune de Ouarkoye, Augustin (nom d’emprunt) a comparu devant la barre de la Chambre criminelle du TGI de Dédougou le 22 juin 2026. Au terme du procès, il a été reconnu coupable et condamné à l’emprisonnement à vie.
Agé de 34 ans, Augustin devra passer le reste de sa vie en prison. Ainsi en a décidé la Chambre criminelle du TGI de Dédougou lors de son audience du 22 juin 2026.
L’accusé a été reconnu coupable de l’assassinat d’un sexagénaire, le 7 juin 2023 à Fouankuy, village de la commune de Ouarkoye, dans le Mouhoun.
Selon les faits exposés à l’audience, le drame est survenu à la suite d’une dispute entre la victime et l’accusé dans un cabaret où les deux s’étaient retrouvés pour consommer du dolo. La victime, âgée de 60 ans, aurait reproché à l’accusé d’être de mèche avec son fils pour soustraire sa volaille. Une accusation rejetée par Augustin.
Malheureusement, la tension est montée entre les deux parties, qui ont échangé des injures. Des témoins ont tenté de mettre fin à la dispute et ont réussi à convaincre la victime de rentrer chez elle.
Malheureusement, elle a été rattrapée en chemin par l’accusé. Ce dernier avait eu le temps de faire un tour chez lui pour se munir d’un couteau, qu’il a utilisé pour porter trois coups aux deux flancs et au thorax du vieux.
Après son acte, l’accusé s’est retiré des lieux, laissant son antagoniste dans l’agonie. Ses deux fils, qui revenaient de leur balade, ont entendu un bruit qui n’était autre que la voix de leur père. Ils ont accouru pour tenter de le secourir. Aidés par un troisième frère, ils ont transporté la victime au dispensaire à moto.
Malheureusement, elle s’était vidée de son sang avant l’hôpital, où le décès a été constaté. A la barre, l’accusé a plaidé coupable.
Dans sa narration des faits, il a expliqué les circonstances et le mobile du drame. « Des accusations de sorcellerie m’ont également été reprochées par la victime.
Dans la colère, je me suis rendu à mon domicile pour me munir d’un couteau et aller à sa recherche. Au retour, je l’ai croisé avant de lui porter un coup de poignard.
Lorsque nous nous sommes croisés, chacun proférait des injures. C’est ainsi qu’il a tenté de s’approcher de moi. N’ayant pas pu dompter ma colère, je l’ai poignardé au moment où des gens tentaient de nous séparer », a relaté l’accusé. Il a précisé que la victime n’avait aucun objet en sa possession.
L’accusé a également soutenu avoir agi sous l’effet de la colère, sans avoir l’intention de donner la mort. Des propos rejetés par des témoins. Ces derniers ont expliqué avoir retrouvé la victime allongée sur la voie. « Lorsque nous avons demandé à la victime de rentrer chez elle, nous l’avons accompagnée jusqu’à la route.
Quelques instants après, nous avons entendu du bruit. Nous nous sommes rendus sur les lieux, où nous avons trouvé la victime couchée. Un coup de poignard lui a été porté dans l’abdomen.
Elle saignait du ventre et ne pouvait pas s’exprimer », a expliqué un témoin. Pour le ministère public, le témoin aurait dû accompagner la victime jusqu’à son domicile lorsque les esprits se sont échauffés, ce qui aurait pu éviter le drame.
S’appuyant sur l’article 512-11 du Code pénal, le ministère public a souligné que les éléments constitutifs de l’infraction étaient réunis. Pour lui, les faits reprochés à l’accusé sont suffisamment graves. C’est pourquoi il a requis l’emprisonnement à vie contre l’accusé. Il a été suivi par le collège des juges, qui a prononcé la même peine. Celui-ci a assorti sa décision d’un mandat de dépôt à l’audience.
Source : Le Pays
Justice Infos Burkina
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